Avant d'ouvrir l'atelier, j'ai passé six ans chez un horticulteur de la Drôme. C'est là que j'ai appris que la plupart des fleurs vendues en France viennent de très loin, qu'elles ont été coupées en boutons et qu'elles ont voyagé au froid pendant des jours. Je voulais le contraire : des tiges coupées la veille, qui s'ouvrent chez vous.
Aujourd'hui, nous travaillons avec neuf producteurs entre le Beaujolais et l'Isère. Ce sont eux qui décident de nos bouquets. Quand le froid arrive tôt, les dahlias s'arrêtent, et nous passons aux feuillages, aux baies et aux fleurs séchées de l'été.
« Un bouquet réussi, c'est celui dont on se demande s'il a été composé ou simplement ramassé. »
Au quotidien, l'atelier est une petite équipe de quatre personnes. Le matin, nous recevons les fleurs et nous les mettons à boire. L'après-midi, nous composons les commandes et les abonnements. Le samedi, la boutique est ouverte à tout le monde, et on y vient souvent simplement pour sentir les roses.
Pour les mariages, je rencontre chaque couple deux fois. La première pour comprendre l'ambiance, la seconde autour d'un bouquet d'essai. Ce qui compte le plus, ce n'est pas la fleur rare, c'est que les couleurs ressemblent au jour qu'ils imaginent.